Blessure et activité physique : bouger ou non ?

6 septembre 2017

Catégories: Santé/Bien-être

Qui dit travail, dit blessure. Bien que le nombre d’accidents et de maladies professionnelles soit en baisse depuis 2011, ils n’en demeurent pas moins présents dans les différents milieux de travail. Chaque jour, environ 224 travailleurs se blessent au Québec. En 2015, 5 853 travailleurs ont subi une lésion liée à une maladie professionnelle.

Ce billet a pour but de vous informer des principales blessures liées au travail et sur les actions à entreprendre lorsqu’elles surviennent.

D’abord, il y a plusieurs types de blessures pouvant survenir au travail. Le terme trouble musculo-squelettique (TMS) désigne une perturbation des fonctions du système musculo-squelettique. On parle ici des blessures au niveau des os, des muscles, des tendons, des ligaments et d’autres tissus mous (bourse, capsule, etc.) Parmi les blessures dont on entend le plus souvent parler, on retrouve les tendinites, les capsulites et les entorses. Un TMS amène progressivement un inconfort, de la fatigue puis de la douleur. On remarque ensuite une limitation de mouvement et une perte de force musculaire.

Plus subites, les blessures dites traumatiques arrivent d’un coup lorsqu’on fait un « faux mouvement ». Une des plus fréquentes est l’entorse lombaire. Elle peut survenir lors d’une manutention. Par exemple, lorsque le travailleur prend une lourde boîte au sol à sa droite pour la déposer sur une pile à sa gauche. Il exécute alors une extension du dos combinée à une torsion. Au moment où il force le plus, il ressent une douleur vive au milieu du dos qu’il verbalisera souvent en disant que son dos a « barré ».

Que doit-on faire si on ressent une douleur? La majorité des gens se disent que « ça va passer » et attendent souvent trop longtemps. Ils se retrouvent alors avec une douleur chronique. Le message de douleur devient si bien ancré dans le cerveau que, même si la blessure est guérie, la douleur reste présente. Elle peut avoir comme conséquence une kinésiophobie, la peur de bouger.

Pourtant, bouger, c’est la clé ! Lorsque la période inflammatoire aiguë (de deux à cinq jours) est passée, on se trouve en période subaiguë, et cette période peut durer de deux jours à environ huit semaines. Si la douleur persiste passé cette durée, on parle de douleur chronique où la source de la douleur n’est plus la blessure en elle-même.

Quoi faire lorsqu’une douleur apparaît ? Appliquez le GREC :

  • Glace
  • Repos
  • Élévation
  • Compression (légère)

Et ensuite ? Bougez ! Dès que la phase aiguë est passée et qu’on entre dans la phase subaiguë, il faut activer la musculature entourant la lésion. Ce faisant, la circulation locale sera augmentée, ce qui favorisera l’apport de nutriments et l’évacuation des déchets métaboliques. Ainsi, on favorise une guérison rapide. Évidemment, il faut éviter les mouvements douloureux et travailler dans l’amplitude disponible.

Notez que chaque blessure a sa cause propre. Si la cause d’une tendinite est le mouvement répétitif exécuté au travail combiné à une posture non optimale, il se peut que l’inflammation revienne dès le retour au travail. Le retour au travail doit se faire de façon progressive et être bien encadré.

Comment prévenir ces blessures ?

  • S’échauffer avant un travail demandant un effort physique, aussi minime soit-il;
  • Prendre des pauses régulièrement;
  • Utiliser et maintenir une bonne posture;
  • En présence de douleur, cessez le mouvement et laissez un temps de repos aux tissus;
  • Rencontrez un kinésiologue!

Si vous ressentez de la douleur, n’attendez pas qu’elle prenne de l’ampleur, consultez. Le médecin et le physiothérapeute peuvent diagnostiquer la blessure. Le kinésiologue peut vous aider à mettre le doigt sur la cause de votre douleur et à y remédier par l’activité physique. Notre rôle est de travailler avec vous, pour vous aider à bouger mieux et intelligemment.

 * Veuillez noter que les recommandations énoncées dans cet article ne remplacent pas la consultation d’un médecin ou d’un physiothérapeute.

 Valéry Pelletier-Millette, Kinésiologue/TRP

 

Bibliographie :

CNESST. Principales statistiques de 2015. [En ligne] Consulté le 21 juin 2017.

WILMORE, Jack H., David WILMOREDavid L. COSTILL et W. Larry KENNEY.  Physiology of Sport and Exercise. Human Kinetics, 2008, 574 p.

BJÖRKSTÉN M. et B. JONSSON. Endurance limit of force in long-term intermittent static contractions. Scandinavian Journal of Work, Environment & Health. 1977;3(1):23-27.